Revenir au fleuve

Vers une expérience émancipatrice des bords de Seine

Khalilou Demba

Le texte ci-dessous est issu d’un travail de fin d’études soutenu à l’École de la nature et du paysage. Cette page n’inclut qu’une partie des documents graphiques publiés dans la revue papier.


Été 2024, Clichy. Je longe les bords de Seine avec un ami.
Nous sommes sur le quai haut, il fait chaud et sur la route départementale, les voitures qui roulent à toute vitesse nous effleurent. Le quai bas prend par moments de l’épaisseur et est aménagé de façon ponctuelle entre les digues et les implantations d’industries. Par exemple la centrale à béton de Clichy avec ses grands silos, trémies et bandes transporteuses qui marquent le paysage, avec ses camions malaxeurs et les grandes bennes de sable. Celles-ci font face à des immeubles de bureaux et de sièges d’entreprises, encerclant des barres datant des années 1970, et des logements neufs ou récents.

Juste en face, à Asnières-sur-Seine, la berge est aménagée. Le parc Robinson offre un espace de « nature » entretenue ; une sorte de villégiature de proximité accessible à tous. Une différence apparaît dans le traitement et l’accès au fleuve entre le parc Robinson et le quai de Clichy. Des jeunes habitants me racontent que le rapport à l’eau est différent : accéder et aller « toucher » le fleuve à Clichy est synonyme de transgression, alors qu’en face, à Asnières, les passants sont invités à en profiter.

Ce sentiment de mise à distance du fleuve ne m’était pas inconnu. Je l’avais déjà observé à Saint-Ouen-sur-Seine et à Saint-Denis, ainsi qu’à hauteur de plusieurs quartiers populaires. Ce phénomène pouvait-il relever d’une tendance systémique ? J’ai suivi cette interrogation en travaillant mon point de vue de paysagiste, avec la volonté de ménager des interfaces où l’écologie et le rapport au vivant puissent devenir des outils d’émancipation, voire de puissance collective, dans des endroits du territoire où des « politiques de l’étouffement1 », institutionnelles et atmosphériques, contribuent à rendre pénible la vie des habitants des quartiers populaires.

Cent kilomètres d’arpentage, à travers vingt-trois communes distinctes, m’ont mené à un constat clair : la boucle est morcelée.

Elle se trouve en effet privée d’ancrage à des sols de pleine terre et d’accès à des aménagements dignes, à certaines perspectives concrètes d’avenir désirable, au moins sous la forme d’espaces accessibles au quotidien.

Le long de la boucle de Seine : éléments d’urbanisme séquaniens

La marche, qui m’avait permis de prendre conscience de ce phénomène, est devenue mon outil de découverte et de réflexion, à l’échelle géographique de la première boucle de Seine en aval de Paris. Cent kilomètres d’arpentage, à travers vingt-trois communes distinctes, m’ont mené à un constat clair : la boucle est morcelée.

Les gouvernances et politiques multiples – communes, départements, région, établissement public de coopération intercommunale (Epci) – cristallisent la séparation de paysages distincts, enfermés dans des limites administratives. De plus, l’hydrographie est déterminante dans l’urbanisme séquanien. La présence du fleuve, qui est devenu une limite administrative entre des communes, a conduit la plupart des centres-villes à se construire en dehors des secteurs sujets aux crues et aux inondations. Ce choix a créé des situations où certaines villes semblent tourner le dos au fleuve.

Enfin, l’intrados et l’extrados de la boucle s’opposent dans leur fonctionnement. Tandis que l’intrados et la base de la boucle offrent bien davantage d’espaces de nature et de parcs de proximité faciles d’accès, l’extrados et la pointe de la boucle sont plutôt productifs et s’ouvrent vers l’extérieur du territoire.

Au nord, la Seine longe les communes de Saint-Ouen-sur-Seine et Saint-Denis, le long de quais industriels. C’est l’unique endroit où passe le fleuve, dans l’un des départements qui porte son nom : la Seine-Saint-Denis.

Les quais industriels : Saint-Ouen et Saint-Denis

Commune de la « première couronne », c’est-à-dire limitrophe de Paris, Saint-Ouen est bordée par les routes et les voies de chemin de fer. L’installation des infrastructures résulte de la proximité géographique de la capitale. Dès les années 1830, le village de Saint-Ouen voit son visage modifié. Plus tard, les ouvriers et leurs familles s’installent en grand nombre, pendant l’industrialisation massive qui suit la guerre de 1870-1871.

À l’instar de sa voisine, Saint-Denis a longtemps été industrielle. Considérée comme mal famée et associée à la maladie, à la pollution et au manque d’hygiène, l’ancienne ville marchande – et royale – du Moyen Âge a su s’adapter et répondre, même en bord de Seine, aux enjeux contemporains – jusqu’aux jeux Olympiques de 2024. Cette capacité d’adaptation ne va pas sans difficultés. En superposant par exemple le niveau de revenu des populations et leur densité à celle des industries le long du fleuve et à celle des espaces publics, on se rend compte que la majorité des usines sont implantées au niveau des quartiers populaires. La carence d’espaces publics et naturels est élevée. Leur qualité et leur ampleur sont moindres au regard de ceux de secteurs plus favorisés.
Enfin, les discontinuités et les éléments qui font barrage aux corridors écologiques sont bien plus présents dans ces zones, où de larges infrastructures (route et rail) et une urbanisation massive ont changé la trajectoire des milieux. Ici, comme ailleurs, les populations les plus vulnérables et précaires sont celles qui subissent le plus les effets du dérèglement climatique, dont elles sont le moins responsables.

De manière générale, les bords de Seine sont matérialisés par un quai haut et un quai bas. Le quai bas, large de 60 cm, est discontinu et ne permet pas de longer le fleuve de près. Le quai haut, c’est la route départementale, ponctuée d’activités industrielles. Le trottoir, côté Seine, est en grande partie impraticable : tantôt trop étroit, tantôt en friche, ou inexistant. L’alignement mono-spécifique de platanes et les rudérales installées à leur pied sont interrompus par les infrastructures routières et effleurés par les voitures. Ces ruptures matérialisent des corridors écologiques discontinus, rendant les cortèges floristiques inopérants. Entre les bords de Seine et les centres-villes s’étend un ourlet d’activité industrielle, économique et commerciale. La ville habitée est tenue à distance du fleuve.

Pour un projet de paysage commun, populaire et utopique

L’adage « ce qui est fait pour nous, sans nous, est fait contre nous » m’avait fait démarrer l’année avec une envie : mener un projet avec les habitants. Mais le cadre contraint, les attentes universitaires et la temporalité resserrée d’un travail de fin d’études ne m’ont pas permis d’intégrer une démarche participative. J’ai alors choisi de présenter des orientations de projet plutôt qu’une réponse et des dessins pouvant sembler définitifs et immuables. Spatialisées, certes, mais qui seraient surtout des pistes ayant vocation à être discutées, remises en question, et dont tout un chacun (habitant, citoyen, aménageur, concepteur) pourrait ensuite se saisir. Leur dimension et leur caractère utopique me permettant d’envisager sans retenue des horizons ambitieux, sources de récits, voire de contre-récits.

À mon sens, bénéficier d’un accès quotidien à des paysages et des aménagements locaux, et donner à voir le spectacle de lieux et de processus « naturels », permet d’apprendre, de nommer et de se saisir concrètement des enjeux climatiques et environnementaux en leur donnant corps et matière. Comme le dit Gilles Clément : « Ce qu’on ne nomme pas, ce qui n’a pas de nom, n’existe pas. Dans ce cas, on peut facilement détruire, ça ne pose pas de problèmes2. » Ma posture était donc la suivante : proposer un cadre de vie qui pourrait servir de support, favorisant l’expérience sensorielle et pédagogique des lieux et facilitant la compréhension des questions d’écologie urbaine3.

Un retournement des villes vers le fleuve

Mon projet de paysage a pour objectif d’apaiser des situations de fracture spatiale, à hauteur de l’extrados du méandre, au nord de la boucle de la Seine. Ces fractures concernent l’espace, l’écologie et les relations sociales. Elles sont spatiales, puisqu’il est question de réfléchir à la transformation d’infrastructures qui ne permettent pas de parcourir à pied les bords de Seine ; écologiques, puisqu’il s’agit de réparer les discontinuités de corridors écologiques ; et sociales, en ce qu’elles incitent les habitants à redécouvrir la rue et certains itinéraires de proximité, en restaurant la possibilité de « vivre » des villes fluviales où les toponymes retrouveraient une part de leur sens.

Le premier enjeu est l’accessibilité aux bords de Seine et à leur épaisseur. L’intention est de retourner les villes vers le fleuve, de créer davantage de porosité des unes à l’autre et de préserver des espaces naturels agréables sur les rives de fleuve. Le quai bas devient plus large par endroits, pour pouvoir être investi. Sur le quai haut, les largeurs des voies automobiles sont réduites, et les accès piétons perpendiculaires multipliés. De nouveaux axes et franchissements, rejoignant la Seine, deviennent des marqueurs urbains offrant de la lisibilité et des signaux dans la ville. En matière de plantations, on privilégie des essences qui évoquent les milieux humides. Ces partis pris cherchent à inscrire la figure géographique du fleuve au cœur de la ville.

En deuxième lieu, le projet lutte contre les îlots de chaleur urbains et affirme des corridors écologiques pour tous les vivants, en renforçant la trame verte et bleue aujourd’hui lacunaire grâce à la diversification de ses strates et espèces. Il donne de la valeur et du sens aux vides de la ville. Les friches et les dents creuses sont des interfaces et des relais, que je propose de connecter et de mettre en scène dans la ville en donnant de la place aux espèces qu’elles abritent déjà, qui sont de fait adaptées.

Enfin, je cherche à surmonter la négation de la géographie héritée des choix d’aménagement du passé. L’idée est de la donner à voir et de réapprendre à vivre avec cette géographie qui a connu tant de bouleversements, sans pour autant chercher à revenir à un hypothétique état initial. En prenant en compte tous ces éléments, ma démarche de projet a été la suivante : jouer de la pluralité et de la multiplication de situations au sein des aménagements proposés, afin de laisser en toute circonstance le choix aux usagers dans les situations et possibilités d’usage des espaces.

Habiter « sur Seine » : des villes ouvertes à l’air et à l’eau du fleuve

Aujourd’hui, le nom de Saint-Ouen-sur-Seine semble avoir perdu une partie de son sens. À moins d’être averti, il n’y a aucun moyen de savoir que la Seine s’écoule à 800 mètres du centre-ville. Prenant place dans la partie sujette aux crues et inondations, le projet s’essaie à formuler des réponses spatiales aux questions suivantes : que signifie vivre dans une ville dite « sur Seine » ? Peut-on rendre lisible le fleuve et son hydrographie par le paysage et comment ?

Donner à voir le spectacle de lieux et de processus naturels , permet d’apprendre, de nommer et de se saisir concrètement des enjeux climatiques et environnementaux en leur donnant corps et matière.

En partant des deux centres – le centre historique et la gare – et de l’axe principal de la ville, le boulevard Victor-Hugo, des rues perpendiculaires se dessinent. L’aménagement réinterprète le tropisme des humains pour l’eau avec ces nouveaux axes qui nous appellent et se distinguent des alignements et du tissu hérités. À mesure qu’on les emprunte et qu’on progresse vers le fleuve, un jour d’été par exemple, il fait de plus en plus frais. L’air passe entre les feuillages qui dansent dans le vent et nous guident. Plus on s’approche de la Seine, plus la végétation s’intensifie, plus les milieux deviennent humides. On le sent. Enfin, on arrive au niveau des quais, face à l’eau. La vue est dégagée, il y a moins de voitures et davantage de franchissements possibles sur l’ancienne route départementale transformée en boulevard. Le long des rues, les risques faibles, moyens et forts d’inondation, rendus visibles par des stratégies de plantation, deviennent des indicateurs géographiques. Le fleuve et sa « zone d’influence » sont identifiables depuis le tissu urbain. Depuis les centres, ces axes mettent en scène des traits physiques du fleuve : les îles, la ripisylve, les marais, le vent.

La Vielle Mer

L’ancien cours d’eau de la Vieille Mer, peu à peu busé à partir de 1957, est enterré sous la ville. Son absence se fait ressentir : l’été, Saint-Denis est sujette aux effets d’îlots de chaleur urbains. Un projet en cours propose de rouvrir la Vieille Mer dans le parc Georges-Valbon, le troisième plus vaste de la région parisienne (417 hectares). Je propose de prolonger sa remise à ciel ouvert jusqu’à la Seine, afin d’irriguer et de rafraîchir au maximum son ancien lit et les quartiers attenants. Lors d’épisodes caniculaires, il arrive que les habitants passent certaines nuits trop chaudes dans le parc, lorsque dormir chez soi devient pénible, voire impossible. La nouvelle Vieille Mer que je propose parcourt Saint-Denis d’est en ouest afin de faire chuter, grâce au phénomène d’évapotranspiration notamment, ne serait-ce que d’un ou deux degrés les températures de l’air, le long de deux axes.

Le premier passe par les cœurs d’îlots des quartiers de grands ensembles à la sortie du parc Georges-Valbon, la promenade de la Vieille-Mer, l’école de la Vieille-Mer, la place du Huit-Mai-1945, son marché et le parc Auguste-Gillot. Ce tracé permet de désenclaver et connecter les différentes figures de la ville autour d’une entité géographique commune. Cette partie du projet, d’orientation naturaliste, présente un cours d’eau tantôt linéaire, tantôt sinueux, qui joue du rythme d’écoulement de l’eau et permet par endroits à des zones humides de s’installer.

L’axe parallèle passe par tous les points d’intérêt de la ville : l’église Saint-Denys-de-l’Estrée, les places Jean-Jaurès et Victor-Hugo, respectivement attenantes à la mairie de Saint-Denis et à la basilique. L’objectif est d’éviter de bouleverser la trajectoire existante du centre urbain. Le fil de l’eau est ici « urbanisé » : il passe entre les pavés et dans des rigoles qui mettent à ciel ouvert une course de l’eau plus géométrique.

Aux points où les deux axes se rapprochent ou se croisent, les essences plantées et les stratégies de plantation s’hybrident. Ces zones de contact et les nœuds que sont le parc de la Légion-d’honneur, le cimetière de Saint-Denis ou le parc Madeleine-Riffaud, créent des relais pour l’épanouissement de la diversité écologique et permettent de tisser des liens spatiaux dans le territoire.

Vers un parc naturel urbain

Selon Francesco Careri, la marche est l’une des deux actions instinctives et primitives qui existent chez l’être humain ; la deuxième, c’est construire4. Certains habitants des communes de la boucle de la Seine ont la chance de pouvoir vivre et habiter, au sens fort du terme, leur géographie, de connaître et d’apprécier les paysages qui en émergent et de se saisir des enjeux qui les entourent. Ils peuvent les parcourir et parfois les domestiquer en venant planter, jardiner et créer des micro-scènes de paysages. Que ce soit pêcher avec ses enfants le dimanche, courir le matin, déjeuner avec des collègues le midi, prendre le goûter après les cours, s’asseoir et se perdre dans ses pensées guidées par la course de l’eau en fin de journée, faire la fête avec ses amis le soir, vivre littéralement sur le fleuve en montant sur une embarcation, kayak ou péniche, on peut assister à de telles scènes au bord du fleuve, dans de nombreuses communes. Ces « gens de la Seine » semblent bénéficier d’un sentiment d’appartenance à un endroit, un milieu, un écosystème, une géographie… Ils ont en tout cas tissé des liens étroits avec le fleuve.

À hauteur du nouveau parc naturel urbain, figure de proue du projet, tout converge. Il devient un parc habité au bord de la Seine, inscrivant l’échelle corporelle et pédestre au cœur de son fonctionnement. Son cœur, c’est la maison de François Coignet : la première de France construite en béton aggloméré. Bâtie entre 1853 et 1855, cette maison inscrite à l’inventaire des monuments historiques surprend à l’époque dans la qualité du résultat obtenu. Coignet réalise le bâtiment en utilisant des agglomérés en béton de mâchefer. Sa méthode expérimentale devient exemplaire d’une manière de faire des bâtiments beaux, dignes et confortables à faible coût, à destination des populations ouvrières.

Aujourd’hui, je souhaite que cet esprit d’expérimentation dépasse les enceintes du bâti et se déploie à l’échelle urbaine et métropolitaine, afin d’envisager de nouvelles manières d’organiser le territoire. On essaie ici de réduire, jusqu’à la faire disparaître progressivement, la place de la voiture au bord du fleuve et d’appliquer le principe de chronotopie5 aux grands espaces extérieurs pour l’instant privés des entreprises et industries. Ce principe permet de ne pas nier la présence des lieux qui participent à l’économie du territoire, de maintenir leur visibilité au quotidien.

Une utopie paysagère à l’horizon pour les gens de la Seine ?

Les grandes orientations sont données. Si le pari réussit, si les villes choisissent de se tourner vers le fleuve, les bords de Seine pourront redevenir accessibles et confortables. Les corridors écologiques seront renforcés et les « trames vertes et bleues » pourront, l’été, rafraîchir la pointe et ses îlots de chaleur. Les habitants vivraient alors avec le dessin de l’eau et de la géographie. Les vivants cohabiteraient au quotidien, invitant à prendre soin les uns des autres dans des paysages dignes où l’expérience de la marche, avec sa puissance formatrice et émancipatrice, serait à nouveau possible6.

Si certains parlent d’amnésie environnementale7 et de la manière dont elle freine l’action, alors ce projet de paysage propose de contrecarrer une amnésie géographique héritée d’un passé récent. Il soutient l’idée d’apprendre à vivre avec une géographie physique affirmée, perçue, structurant le territoire ; la géographie et le paysage deviennent des extensions du chez-soi. Pour les générations à venir, ce seront d’autant plus des éléments dont on prend soin, à la manière d’extensions de soi. Et ce, afin de tisser une mémoire et une histoire collectives où l’espace public deviendrait le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, et dans lequel toutes et tous pourraient circuler et tisser leurs propres récits, sans entraves.

Travail de fin d’études encadré par Claire Combeau et Clara Loukkal

Notes :

  1. Fatima Ouassak, Pour une écologie pirate. Et nous serons libres, La Découverte, 2023. Écrit par une militante écologiste et antiraciste, l’ouvrage souligne l’importance de la convergence des luttes et soutient qu’un projet urbain ne peut être écologiste s’il n’est pas en même temps antiraciste, anticolonial et internationaliste. Selon l’autrice, les quartiers populaires sont « étouffés », par les violences policières comme par la crise écologique.
  2. Michel Corbou, Des jardins dans la ville, La Martinière, 2011. L’auteur interroge des paysagistes, dont Gilles Clément, sur leur travail, leur vision du métier et la place du paysage dans le monde.
  3. Antoine Tricot, « Penser le 9-3 », Profession Banlieue & Making Waves, 2023-2025, https://penserle93.transistor.fm/
  4. Francesco Careri, Walkscapes. La marche comme pratique esthétique, trad. de l’italien par Jérôme Orsoni, Actes Sud, 2020.
  5. Dans les années 1930, le philologue russe Mikhaïl Bakhtine compose le néologisme « chronotope » à partir de chronos (temps) et topos (lieu) afin d’analyser l’articulation de l’espace et du temps dans la littérature. Dans les années 1980, les architectes et urbanistes s’emparent de cette notion pour rompre avec la monofonctionnalité des espaces et bâtiments, en permettant la cohabitation d’usages à travers le temps. Les cours d’école ouvertes aux habitants du quartier le week-end en sont un bon exemple.
  6. Paul Klotz, « La sensibilité à la nature, levier de transformation écologique et sociale », La Fabrique écologique, 1er octobre 2024.
  7. Selon le biologiste franco-canadien Daniel Pauly et le psychologue américain Peter H. Kahn, à cause de la perte des récits et de leur transmission concernant les écosystèmes et l’environnement, chaque nouvelle génération prend comme point de référence de l’état de la nature ce qu’elle a, elle, toujours connu. Chaque génération en vient donc à considérer des écosystèmes et environnements toujours plus dégradés comme étant la norme. La destruction de la biodiversité, banalisée, s’aggrave par conséquent d’une génération à l’autre.
Diplôme soutenu en juin 2025.
Article publié dans Les Cahiers n° 24, « Au bord des mondes », 2026, p. 54-65.

Photographies et documents : K. Demba

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